Il l'aimait bien, celui-là, Bergman... – Celui-là quoi?… – Ce plan-là... – Oui, c'est vrai qu'il l'a fait plein de fois... – Là, on se dit, ça ne peut être qu'un film de Bergman… – C'est vrai… Ce serait pas... l'attente des femmes?… – On dirait que tu les as tous vus, que tu les connais même tous... Tu te souviens de tout?... Moi, je ne me souviens de rien précisément... Ça pourrait être n'importe quel film de Bergman... – Tout ce que j'ai vu et même vécu, même d'un seul œil et même du coin, en pensant à autre chose, est quelque part dans ma mémoire... Il suffit de bien ranger, après, de mettre des étiquettes sur les tiroirs et de ranger dans les tiroirs et ensuite il n'y a plus qu'à ouvrir les tiroirs pour retrouver ce qu'on a mis dedans... Un mur de tiroirs... Même ce que je n'étais pas conscient de voir est quelque part dedans... Tout... Un chien qui pissait contre un mur un certain jour, une mouette qui a crié, tout... – Un mur... Grand comment?... – Ça dépend des mémoires... de la taille des tiroirs et de leur nombre... – Et elles attendent quoi, là, les femmes?... – Rien... Leurs maris... – C'est rien, les maris?... – Pour ainsi dire... Pas complètement non plus... Alors elles se mettent à causer, en attendant... – Il préférait les femmes, Bergman... Elles sont quand même bien plus fines... – Oui... Les hommes sont lourds, le plus souvent, les maris encore plus que les autres, ils sont dans leur rôle... Ils courent après les jeunettes quand ils sont vieux alors que finalement ce qu'ils recherchent c'est une maman... Des petits garçons perdus... S'ils étaient moins dans leur rôle, ils seraient peut-être moins lourds... – Et les femmes, elles ne sont pas lourdes?... – Ben non... pas chez Bergman en tout cas... Parce qu'elles savent... Et puis elles ont tout leur temps, les femmes, en attendant leurs maris... Elles ont moins besoin aussi d'être quelqu'un, on dirait, socialement, chez Bergman en tout cas, et elles ont donc plus le temps d'être elles-mêmes, de s'ennuyer et de ressentir les choses finement, d'être déçues... Elles souffrent plus, alors... quand l'homme se dilue dans son rôle, peut même s'y oublier... Il est quelqu'un, ou il n'est personne... C'est binaire, comme en informatique, un ou zéro... D'ailleurs, souvent, ceux qui ne sont personne sont bien plus intéressants que ceux qui sont quelqu'un, sauf que la plupart du temps ils n'en savent rien car ils souffrent tellement de ne pas être quelqu'un qu'ils ne voient même pas la richesse infinie, le grand avantage de n'être personne... On croit souvent, à tort, le contraire... Mais quel ennui, tous ces quelqu'uns, tous ces maris... Pas étonnant que les femmes aient besoin de les tromper... – Les femmes, aussi, parfois, sont ennuyeuses, quand elles sont trop actives, trop dans leur rôle, le truc social... – Oui... C'est une fuite… La peur de n'être personne... du vide... Celles qui veulent faire comme les hommes... Fuyant le vide, elles sombrent alors dans le Néant... – N'empêche que c'est ceux-là que les femmes épousent, ceux qui sont quelqu'un, pas ceux qui ne sont personne... Tu dis qu'elles savent, les femmes... Mais en fait elles savent que dalle... – Si si... elles savent... – Alors pourquoi épousent-elles ceux qui sont quelqu'un et non pas ceux qui ne sont personne?... – Par perversité... Elles font des compromis, tout en sachant qu'elles en souffriront... Pour le confort, aussi... Elles n'épousent pas seulement un homme, mais une situation... Là, en fait, la femme, elle est avec ses copines et elle raconte le jour où elle a trompé son mari, dans un sauna sur pilotis, avec un gros poisson qui nageait dans l'eau en dessous qui l'effrayait un peu, au début, elle racontait au type des choses très intimes, très douloureuses et le type lui ne pensait qu'à une chose : être le gros poisson... – En même temps, on le comprend... – Ben oui, on est des hommes, même si nous on n'est personne ça ne nous empêche pas de bander... Car en fait, c'est ça le truc, c'est bander, il n'y a même que ça, être le gros poisson dans l'eau, dessous... – C'est vrai que ça fait toujours bien bander, les films de Bergman... – Parce qu'il devait bander beaucoup, Bergman... Sinon il n'aurait jamais filmé toutes ces femmes sensuelles en plans si serrés... Tu as vu comment il vient, le plan serré, souvent?... C'est tout calme, distant... et d'un coup, sans rupture, la caméra vient tout contre... C'est pour ça aussi que c'est souvent le même plan, qui revient de la même façon, dans les films de Bergman, il n'y a pas trente six mille façons de bander... – C'est quand même bon... les films de Bergman... Moi j'ai toujours un peu l'impression de voir le même film et je viens un peu toujours pour la même raison... – Un peu comme un film porno, mais en vachement mieux... – Au moins, là, on bande... – Et comment... On bande même entièrement... Comme un gros poisson dans un sauna sur pilotis... – La femme serait donc un sauna sur pilotis...
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lundi 7 mai 2012
dimanche 5 juin 2011
Tout ce qui me dérangeait dans le cinéma de Gaspar Noé, ce voyeurisme, cette sorte de complaisance dans le malsain, s'est évanoui en voyant ce film. Ou plutôt en le vivant. C'est psychédélique. Un trip. Si on considère que son monde underground et même hardcore est malsain, ce sera un mauvais trip. Il faut le vivre par delà le bien et le mal, comme son premier opus très réussi et très dérangeant : carne. Si l'on se place du côté de la morale, c'est fini, il n'y aura pas de voyage. On restera dehors. Enter the void, peut-être le plus grand et plus beau film de ces dix dernières années. Gaspar Noé a trouvé. On peut se demander ce qu'il pourra encore filmer après. On pense évidemment à 2001, de Kubrick. (Son film culte.) The tree of life, de Malick, est à ranger dans la même catégorie cosmique très rare. Chacun avec ses images, son monde, son style, dit finalement la même chose. Pas besoin d'être soi-même adepte des drogues dures et du sexe de back-rooms, pour entrer, comme on n'a pas besoin d'être chrétien à tendance mystique pour entrer chez Tarkovski. La forme est en parfaite adéquation avec le fond. Car c'est la même chose, la forme, le fond. Un grand film psychédélique rythmé par des battements de cœurs technoïdes. Si on ne sait pas entrer, c'est la nausée. Si on commence à réfléchir à la situation, à se regarder dans le miroir, on prend mal au cœur et on tournera bientôt de l'œil. Il faut le prendre pour ce qu'il est, ce film, une expérience. S'y abandonner. Soit on l'accepte, soit on le rejette. On vous offre du LSD, en somme. On flotte. Et en même temps tout va tellement vite. C'est d'une grande beauté, en tout cas. Ça renvoie à l'enfance, qu'on a vécue, qui est toujours dans notre cœur.
vendredi 15 octobre 2010
Bergman, c'est les visages, les (très) gros plans. S'il ne s'est pas contenté de mettre en scène au théâtre, c'est pour les gros plans, les visages. C'est manifeste dans persona qui alors peut être vu comme son manifeste tardif, 1966 (je nais), le film où il a peut-être eu besoin de capturer l'essence de son propre cinéma, un film (entre autres) purement théorique. (Après ce film, il n'y a plus grand chose d'excitant, chez Bergman, c'est un peu son orgasme... C'est un peu comme Sonny Rollins après 1957...) J'ai revu, cet après-midi, vers la joie, qui date de 16 ans plus tôt. C'était comme si la caméra désirait toujours venir plus près. Je parle de désir et non de volonté. C'est irrépressible. Elle ne pense qu'à ça, la caméra. Elle se retient, jusqu'au moment où, n'en pouvant plus, elle vient. Comme un papillon fasciné par l'ampoule. L'œil approche, sans plan de coupe, du visage, de plus en plus près. D'autres fois, c'est le visage, qui approche, qui est alors le papillon fasciné par l'ampoule, la lumière. Il y a une sorte d'impudeur, parfois, à venir si près, quelque chose dans le regard qui serait du domaine de la pornographie. Comme dans la pornographie, à un moment, on ne peut plus continuer, il y a une limite à la pénétration du regard, au gros plan, on peut en ressentir une sorte de frustration ou d'impuissance, de tristesse finalement. Que découvre-t-on, quand on arrive à la limite du gros plan? Une vérité? Une émotion? La Joie est incompréhensible, dit le chef d'orchestre philosophe de vers la joie, ce n'est pas la joie qui fait rire, c'est celle qui explose, qui emmène au delà de la tristesse la plus douloureuse. Tout est dit. Il n'y a peut-être que ce qu'on y projette, dans le visage. Je ne sais pas. C'est incompréhensible. Il y a un mystère, dans ces visages vus de si près, qui n'est peut-être que le mystère que nous projetons. Peut-être qu'il n'y a que du vide, le vide du visage en soi et (ou) le vide de ce qu'on y projette. On a envie de toucher. De pénétrer. C'est très sexuel, Bergman. Ses actrices n'étaient pas sublimes pour rien. Il m'arrive de ne regarder un film de Bergman que pour me perdre dans la contemplation de ces visages sublimes. Un film de visage, c'est bien plus excitant qu'un film de cul. Finalement, le scénario, les idées, je m'en fous, moi ce que je veux c'est du visage. Alors, je me redresse de mon canapé, je me penche pour le toucher, ce visage immense, je suis redevenu un enfant, innocent, tout nu, devant ma télé, je réalise alors que je bande.mercredi 21 avril 2010
Ma mère, à une époque, croyait que je posais pour des photos pornographiques. Je ne sais pas d'où lui venait cette idée saugrenue, penser une telle chose de moi qui suis tellement pudique. (J'ai reconnu tes cuisses! m'avait-elle une fois envoyé en montrant une photo qui était exposée sur mon mur et qui n'avait rien de pornographique, un très beau minotaure à tête d'hélice, dont on ne voyait même pas le vit, qu'un Rimbaud de la photo m'avait offert. Regarde! m'étais-je défendu en lui montrant mes cuisses, je suis bien moins musclé que lui... Et plus velu... Non, ce sont les tiennes, je le sais! je les reconnaîtrais entre mille! avait-elle conclu, c'est moi qui les ai faites!... (Argument irréfutable...) Elle pensait aussi que j'étais gay, que je me droguais...) Bien des années plus tard, j'ai posé, pour la première et seule fois de ma vie. Il fallait avoir le visage rasé de près, être torse nu, laisser couler de sa bouche un liquide visqueux et blanchâtre, j'ai joué le jeu... N'ai-je pas une belle bouche?... Qui aura reconnu mon grain de beauté au dessus de la clavicule droite?... (Et non pas gauche, comme on pourrait le supposer, le cliché à été inversé, je suis donc comme devant un miroir et il n'y a donc pas de regard de l'artiste, comme il n'y a pas de regard du modèle... On peut s'interroger (ou pas) sur la signification de cela... Je serais curieux de savoir si toutes les photos sont inversées... Je parierais que oui... Se prendrait-il pour un miroir?... Dieu?... Ou bien ce n'est qu'un truc?... Un truc pour faire parler de lui peut-être seulement...) Le photographe, dont je tairai le nom, faisait de très belles photos, érotiques surtout, des filles faisant pipi les yeux fermés, des choses comme ça, des photos blanches, très belles, souvent très grands formats. Il m'a beaucoup déçu en ne m'offrant pas un tirage, même si ça ne m'a pas étonné en fin de compte, alors que, tout de même, c'est de moi qu'il s'agit, mon torse, ma bouche, mon grain de beauté, en plus il s'agit de moi comme personne à part moi ne peut me voir, dans un miroir, une image donc très intime... Je croyais qu'il était d'usage d'offrir un tirage au modèle, même si on ne l'aime pas tellement... Je ne l'avais même jamais vue avant aujourd'hui, peut-être 10 ans après, cette photo, avant d'aller sur le site de l'artiste en question... Alors, sur son site, ma photo est très bien mise en valeur, puisque c'est sur elle qu'on clique pour voir toute la série... (Serait-ce, à ses yeux, la plus réussie?) Alors, je découvre que le tirage fait 128x106 cm, en 10 exemplaires plus 2 d'artiste... Ça doit coûter très cher... Je n'aurais sans doute pas les moyens de me l'offrir... Alors je la télécharge, illégalement la mets sur mon petit blog de rien du tout que personne ne lit et si on vient m'emmerder pour des histoires de droits d'auteur, je suis prêt à aller jusqu'au procès, au moins d'intentions... (Par exemple, je n'ai jamais autorisé l'artiste à disposer commercialement de mon image...) Ça s'appelle comment la zone entre la lèvre supérieure et le nez?... Je n'ai jamais su... Ça m'a toujours manqué, de ne pas savoir... Après une recherche rapide : l'arc de Cupidon... Il est quand même vachement bien, mon arc de Cupidon, non?... C'est chouette, l'arc de Cupidon... N'a-t-on pas envie d'y faire glisser la langue?... Je pourrais faire la couverture de Têtu... Ah... si ma mère voyait ça, je ne pourrais plus nier, ça validerait même à posteriori et définitivement toutes ses théories d'autrefois... Mais non maman, ce n'était pas ce que tu crois, j'te jure, c'était une mixture à base d'albumen, si ma mémoire est bonne... Et puis l'idée, tu vois, c'était plutôt... liquide amniotique... la naissance, ce genre de chose... Liquide amniotique, liquide amniotique, mon œil, on ne trompe pas une mère, je vois tout et puis tes mouchoirs tout raides, hein, sous ton lit, tu crois peut-être que je ne savais pas c'que c'était?... En tout cas, l'artiste, il n'a pas été très classe... (On m'a dit qu'il avait beaucoup grossi, qu'il n'était plus tout à fait le tombeur beau gosse d'antan...) Quand je pense que cette image est peut-être exposée dans le salon ou la chambre à coucher d'un bobo gay parisien, ou de Tokyo, car il a même exposé au Japon, l'artiste... Ça me fait bien rigoler... Si je l'aimerais chez moi?... Certainement pas... Même pas dans mes toilettes... Je préférerais une fille toute nue qui fait pipi les yeux fermés, une avec une jolie fente, je la regarderais dans un miroir, pour la remettre à l'endroit...lundi 23 février 2009
Je me suis dit qu'il était enfin temps, à bientôt 43 ans, de commencer à explorer un peu un genre vieux comme le cinéma, que je ne connais pas du tout, ne serait-ce que pour tenter de remettre en questions mes préjugés, je le confesse, plutôt négatifs. Un jour, à Paris, avec Marie-Laure, lors d'une grande et belle exposition consacrée à l'érotisme, j'ai vu un petit film de Man Ray, deux lesbiennes, tête-bêche, se léchant, en boucle. J'ai trouvé ça très bien, troublant (grosse érection, au Palais de Tokyo) et même beau. J'avais vu l'empire des sens, un film très fort, allant jusqu'à être très choquant, magnifique. Je ne voyais pas comment on pouvait aller plus loin dans la mise en scène du sexe, du plaisir. J'apprécie beaucoup aussi les films bondage de Masaru Konuma, des petits bijoux parfois assez dérangeants. Yasuzo Masumura, lui aussi, est allé assez loin dans le genre. Que des Japonais, je remarque. Peut-être ont-ils un rapport au corps plus sain que nous autres, pour pouvoir l'exprimer ainsi jusqu'à l'extrême, ce qui me fait aussi penser au très sulfureux et burlesque Fantasmes du Coréen Jang Sun-Woo. En même temps, ce ne sont peut-être pas des films qui intéressent les vrais amateurs de cinéma porno. Je vais être désobligeant peut-être : ce ne sont peut-être pas des films pendant lesquels on peut se masturber facilement. Du porno soft, on dit? J'en ai vu un très bien, sur Arte, il y a quelques mois : Abigail Leslie is back in town. Un film américain, des années soixante-dix. Ça m'a donné envie d'en voir d'autres. Car il paraît que c'est l'âge d'or du porno, les années soixante-dix. Pas réussi à trouver derrière la porte verte. Pas réussi à trouver un site qui parle de façon au moins un peu érudite et séduisante de la chose. J'ai donc décidé d'y aller au petit bonheur, de commencer à essayer de dénicher des perles, du moment que ça ne dépassait pas une (toute petite) poignée d'euros. J'avais entendu parler d'Ovidie, par des gens très sérieux, plutôt en bien, genre égérie nouvelle vague du porno. Dans la peau d'Ovidie, de Stan Lubrick, ça peut être bien, au moins rigolo, essayons, je me suis dit, en plus le film a reçu deux hot d'or, ce qui semble être une sacrée distinction, ce n'est donc sans doute pas le tout-venant. Alors, je me suis installé, ma théière à portée de main, douillettement entortillé dans mon plaid comme une larve de papillon parée pour la métamorphose, comme devant un film d'Ozu, tranquille, sans préjugé. Quelle déception... Tout y est laid, inexpressif, sérieux, même Ovidie... Une succession de coïts interminables et tous semblables, interchangeables, comme un western où il n'y aurait que des duels sans queue ni tête, sans aucune progression dramatique, sans désir, qui serait bien mieux filmé par une simple caméra de surveillance sans personne derrière... J'ai bandouillé parfois un peu, au début, il faut être honnête... En y mettant un peu du mien, j'aurais pu, peut-être même, me secouer un peu... (Ça m'a aussi rendu triste car ça m'a rappelé une jolie petite fleur un peu maladive qui, la première nuit, s'est mise à quatre pattes, la croupe tendue, tous orifices soudain offerts et, d'une voix blanche, m'a dit fais ce que tu veux... Mais je ne veux rien, ma petite puce, louchant sur son charmant petit trou, bien net, délicatement étoilé, parfait, elle devait en être très fière...) L'ennui s'est rapidement installé et j'ai commencé à regarder ma montre quand j'ai deviné, à la deuxième scène de sexe, je suis très perspicace, qu'il lui éjaculerait sur les seins. J'ai tenu, jusqu'au bout. La métamorphose n'a pas eu lieu. (La larve a même fini par sécher dans le cocon.) Heureusement, j'ai eu la bonne idée d'aller voir le bêtisier, à la fin. Là, voyant ces bouts de scènes où les acteurs devaient parler, ça m'a fait penser à Rohmer. Mais pourquoi Rohmer n'a-t-il jamais tourné de porno? Je suis sûr, très sérieusement, que ce serait formidable. J'imagine. Et pourquoi Orson Welles n'a-t-il jamais tourné de porno? Quel dommage... Et Godard, il aurait pu, Godard, quand même, non?... Mais Rohmer, surtout, j'imagine bien, ce qu'il pourrait faire... Catherine Breillat l'a fait?... Comme c'est ennuyeux, pontifiant, boursoufflé d'intentions, pas du tout sensuel, les films de Breillat... Virginie Despentes a fait Baise-moi?... Misère... Je ne sais même pas si ça peut encore choquer le bourgeois, si c'était le but... Pourtant, je suis très féministe, moi, au fond, même si je n'ai pas l'âme militante... (Un ancien copain m'avait assuré, c'était le fruit de sa grande expérience, que toutes les femmes adoraient être sodomisées. Et toi, tu aimes être sodomisé? lui avais-je demandé. Ben non, enfin, je ne suis pas une femme moi... Et moi? J'avoue n'avoir jamais essayé, mais peut-être que j'aimerais ça, même si je n'y pense pas beaucoup, on ne sait pas... Peut-être que si une jolie petite harnachée comme il convient me le faisait tendrement, je ne sais pas, j'avoue mon inexpérience... Tous les hommes n'aiment peut-être pas être sodomisés... Il m'avait regardé, alors, avec ce petit air contrit qu'il avait parfois lors de nos discussions, me disant que je faisais de la rhétorique... ce que je n'ai pas nié...) Dans la foulée de dans la peau d'Ovidie (qui n'apprécie guère la sodomie, ça en fait au moins une, j'aurai au moins appris ça), j'ai vu Pretty Nina et Pop-Hard... A la fin, j'avais des fourmis dans les yeux... (Dans le second, les femmes avaient encore le droit d'avoir du poil, c'était donc un peu plus mystérieux, ce que j'en ai conclu.) Mais je ne m'avoue pas vaincu, même s'il me faudra sans doute du temps, avant d'y revenir... Il y a sûrement des belles choses, quelque part... Ce serait bien trop triste, sinon...
