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lundi 18 février 2013

Very good question baby... I wonder... Is someone there?... Hum... I love Lee Remick, her eyes, her lips, her teeth... I don't remember very well this Blake Edward's film, experiment in terror... but Lee, I remember... Her line... Hum... Her voice... Hum... Is someone there?... What a fine question... I don't know, really don't know... I dreamed a lot, last night... My last dream I was in a hotel and reserved a room for 8:30 AM... The old lady at the reception looked at me strangely... It is time to quit, not to come... But for me it was time to love... Her train was arriving... She who?... Nobody, a mix... She never arrived, in my dream, was only about to come, I knew that but I was happy, alive, there... I was there, so much... And before I was in another place, maybe another me... So... is someone there?... Less or more, I guess... And you, are you there?... Less or more... I was waiting for a girl and I asked for a room for 8:30 AM... and the old lady looked at me strangely... It is time to quit, not to come... She said a lot of things but I didn't understand everything 'cause my english is so poor... Just this : It's time to quit, not to come... I noticed the sexual insinuation and I smiled... And now, in the real world, I remember and wonder... Is someone there?... I don't know... Less or more... I was in so many places, just this night, was so many me... The girl never came, of course, and I never went up in the hotel room, and I never came... I stayed at the reception and just the old lady was there with me and, at a moment, in my happiness, I said to myself : I grew old...

mardi 3 mai 2011

"J'aime regarder l'eau. De près, c'est sale, mais je regarde au loin, où c'est propre... Vous savez quoi?... Je crois que je regarde l'eau parce que j'attends le monstre marin qui surgira un jour des profondeurs et m'emportera dans les grottes au fond de l'océan..." qu'elle lui dit, histoire de mieux faire connaissance. "Mes parents sont artistes de cabaret, enchaîne-t-il alors, leur numéro est chanté et dansé..." (Les filles, c'est quand même bien plus intéressant, bien plus fin que les garçons, souvent. Voilà pourquoi Lester Young appelait, sans distinction de sexe, les personnes qu'il appréciait Lady. Voilà pourquoi Céline s'appelait Céline et se proclamait femme du monde.) "They are not long, the days of wine and roses : Out of a misty dream...  Our path emerges for a while, then closes... Within a dream..." , conclut-elle la scène, un poème d'Ernest Dowson lui remontant. Lui, juste avant, a lâché sa bouteille vide dans l'océan, la confiant solennellement aux profondeurs. L'eau, de près, c'est sale, mais je regarde au loin... On pourrait se passer la scène en boucle. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait.

[ Bonus : le début du poème de Dowson
They are not long, the weeping and the laughter,
Love and desire and hate:
I think they have no portion in us after
We pass the gate. ]

mardi 10 novembre 2009

Quand j'avais vingt ans, je ne jurais que par John Cassavetes. Aujourd'hui, je me sens plus proche d'un Paul Newman, par exemple. (Les acteurs, souvent, quand ils passent derrière la caméra, font des films extraordinaires.) Dommage qu'il n'en ait pas fait plus, Paul Newman... Même s'il aurait aussi pu se contenter de n'en faire qu'un, Rachel, Rachel, comme Charles Laughton a fait la nuit du chasseur. (J'aime beaucoup aussi le clan des irréductibles... Lee Remick y est tellement belle... Ah... Lee Remick... la grâce absolue... Il faut la voir dans le fleuve sauvage... dans le jour du vin et des roses... autopsie d'un meurtre...) Newman réussissait à capter quelque chose d'indéfinissable, de tellement infime, qui a peut-être à voir avec l'âme... Sans jamais juger, ni se moquer, ni donner en spectacle... On a le privilège d'être là, de pouvoir assister à ça, on se fait tout petit... C'est de l'émotion... Ce n'est pas du tout glamour, c'est juste humain... Tout est tellement juste... Sans effets de style, même s'il y a du style, ou plutôt peut-être : parce qu'il y a du style... (Il suffit de voir comment, en à peine une minute, au début du film, en quelques plans vides, le décor est planté...) Elle est bien seule, Rachel... dans son lit de petite fille... (Moi aussi, j'ai vécu longtemps avec ma mère...) La vie est tellement pesante... On étouffe... jour après jour... tout est toujours pareil... On dirait qu'il n'y a pas d'issue... Et pourtant... Mais non... Il voulait juste passer un moment, Rachel... Ce n'est pas si grave... Si?... C'est déjà bien, juste un moment, non?... Mais... alors...