J'aime beaucoup the gunfighter. Il me semble qu'on a toujours un peu négligé Henry king. Tous les films de lui que j'ai vus sont formidables. Son Jessie James, par exemple, est bien supérieur à celui de Nicholas Ray. Le cygne noir est l'un des plus beaux films de pirates que j'aie pu voir. Henry King était un esthète. Trop classique? Le duel au début de the gunfighter préfigure celui entre Randolph Scott et Lee Marvin à la fin de 7 hommes à abattre, de Budd Boetticher. C'est du grand style. Pas besoin d'en faire des tonnes... La photographie d'Arthur Miller est magnifique, ses cadrages et ses mouvements d'appareil toujours justes... (On devrait plus parler des directeurs de la photographie... Que seraient les chaussons rouges ou le narcisse noir sans Jack Cardiff?... Les plus beaux films de Douglas Sirk seraient-ils aussi beaux sans l'œil de Russell Metty?...) C'est en outre un film plein d'émotion retenue, de mélancolie, tout en sobriété. Le héros est fatigué. Il aimerait bien pouvoir se poser, tranquillement, sans qu'un abruti, toujours un peu le même, ait envie de lui tirer dessus. Gregory Peck est impeckable, comme il l'était dans yellow sky, de William Wellman. Lui aussi, Peck, il me semble qu'on l'a un peu vite rangé dans la catégorie bellâtre un peu fadasse, alors qu'il a joué dans tellement de films mémorables, je pense évidemment à duel au soleil, mais aussi à purple plain, le monde lui appartient...
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dimanche 8 novembre 2009
J'aime beaucoup the gunfighter. Il me semble qu'on a toujours un peu négligé Henry king. Tous les films de lui que j'ai vus sont formidables. Son Jessie James, par exemple, est bien supérieur à celui de Nicholas Ray. Le cygne noir est l'un des plus beaux films de pirates que j'aie pu voir. Henry King était un esthète. Trop classique? Le duel au début de the gunfighter préfigure celui entre Randolph Scott et Lee Marvin à la fin de 7 hommes à abattre, de Budd Boetticher. C'est du grand style. Pas besoin d'en faire des tonnes... La photographie d'Arthur Miller est magnifique, ses cadrages et ses mouvements d'appareil toujours justes... (On devrait plus parler des directeurs de la photographie... Que seraient les chaussons rouges ou le narcisse noir sans Jack Cardiff?... Les plus beaux films de Douglas Sirk seraient-ils aussi beaux sans l'œil de Russell Metty?...) C'est en outre un film plein d'émotion retenue, de mélancolie, tout en sobriété. Le héros est fatigué. Il aimerait bien pouvoir se poser, tranquillement, sans qu'un abruti, toujours un peu le même, ait envie de lui tirer dessus. Gregory Peck est impeckable, comme il l'était dans yellow sky, de William Wellman. Lui aussi, Peck, il me semble qu'on l'a un peu vite rangé dans la catégorie bellâtre un peu fadasse, alors qu'il a joué dans tellement de films mémorables, je pense évidemment à duel au soleil, mais aussi à purple plain, le monde lui appartient...mercredi 26 novembre 2008
Ce film n'est sans doute pas le meilleur de Douglas Sirk. Pourtant, si je devais n'en garder qu'un, ce serait celui-ci, peut-être parce que c'est le premier film de Sirk que j'ai vu, il y a une vingtaine d'années et que j'en suis encore tout retourné. Lana Turner n'est pas la plus subtile des actrices? John Gavin est un peu fade? S'il en était autrement, le film ne serait pas aussi fort, je crois. Pour ce rôle il fallait une actrice qui joue un peu faux, à la limite du rictus parfois, et qui joue faux pour de vrai, ce qui n'est pas évident. Tout est dans le titre : Imitation of life. Il s'agit d'imiter. Mais où est le modèle? Dans le miroir? Ou alors est-ce le reflet? Ou alors n'est-ce qu'un fantasme? Le rêve américain? Pas seulement américain. Ambition et amour ne font pas bon ménage. Qu'est-ce que la vie? Qu'y a-t-il donc à imiter? Faire semblant de ressentir ce que l'on ressent vraiment, écrivait Fernando Pessoa. Est-ce du même ordre? Mais alors, que ressent-on vraiment? Regarde comme tu es devenue laide, ai-je envie de lui dire, si seulement tu es encore capable de voir quoi que ce soit, ou d'entendre quoi que ce soit. Je le dis sans méchanceté, plutôt avec tristesse, avec fatalité. Au fond, c'est tragique. Comme tu es devenue superficielle, mon amour, fausse, une caricature de toi-même, ça me rend malade... Ah... ce film est d'une effroyable cruauté... Ce n'est pas seulement un mélodrame flamboyant, ni un film sur la question raciale, c'est un film sur la vanité, la laideur définitive qui en découle... et d'autres choses encore... C'est un miroir... Pauvre conne... Ça me donne envie de revoir Imitation of life, la version de Stahl, 20 ans plus tôt, avec Claudette Colbert, dont le film de Sirk est un remake. Le film est beaucoup moins crue
l, mais il se regarde avec plaisir, c'est même un très bon film, mais dont les enjeux sont ailleurs, il y a même des moments irrésistibles de pure comédie. Claudette Colbert y est formidable, pétillante, à croquer. Ce qui me donne envie de revoir New York Miami (It happened one night, en vo) peut-être mon Capra préféré. Un drôle de road movie, des moments d'une extraordinaire poésie. C'est presque l'antidote d'Imitation of life, tout en légèreté, une ballade. Elle découvre le monde, la vie, l'amour, fuyant sa triste condition de fille de milliardaire, elle dort dans la paille, s'endort dans un bus sur l'épaule de Clark Gable, le veinard... Elle se met à regarder les petites gens... à apprécier les choses simples… mais essentielles, comme l'art de la mouillette par exemple... On rit beaucoup, dans ce film, et c'est plein de tendresse. Après Imitation of life, pour survivre, il faut revoir New York Miami, ce que je ferai désormais systématiquement.