On dirait que je serais mort. Personne n'en saurait rien. Pas même moi. Mon harem de lectrices enamourées, inquiètes et frustrées, finirait peut-être par se manifester, au bout de quelques mois, laissant des commentaires idiots mais touchants, midinets, qui ne seraient évidemment pas publiés. Puis elles se feraient une raison, finiraient même par oublier. C'est finalement comme un feuilleton télé qui se termine sans se terminer, faute de budget, faute d'audience, faute même d'envie. Il n'y avait pas de scénario. Le mortel ennui a fini par gagner tout le monde. On venait voir par habitude, c'est tout. Là où ailleurs... On s'endormait un peu devant, avant la sieste, c'était un peu comme Derrick... L'âme s'échappe-t-elle par la bouche? Par les yeux? Ou alors dans un dernier pet va rejoindre le Grand Trou dans la Couche d'Ozone? Le dernier pet, ça ferait un titre bien... non? Ou alors il n'y en a pas, d'âme, et on s'éteint comme une télé à tube cathodique, un flash accompagné d'un grésillement comme une poignée de sable et un petit point blanc ensuite au centre de l'écran qui finit aussi par disparaître. Moi j'en sais rien. J'ai fait longtemps ce rêve. Je faisais le mort, pour voir ce que ça faisait, s'il y avait des gens qui viendraient me voir, me toucher, me parler, si je comptais. Parfois oui. Parfois non. En fait c'était surtout pour qu'on vienne me toucher. Ça pouvait devenir très sexuel et je bandais alors très dru. C'était le bon moment pour ne plus faire le mort. Sauf que j'étais vraiment mort... Raideur cadavérique... Au moins, ça dure longtemps... Je me faisais une raison... J'apprenais à me contenter de ce que j'avais... J'étais regretté, au moins, on m'avouait des choses inouïes, on me désirait, même mort, surtout mort, ce n'était pas rien... Je me sentais important, finalement plus vivant mort que vivant... Certes je ne pouvais plus bouger ni rien communiquer... Qu'aurais-je dit de toutes façons?... On ne parle pas de la même façon aux morts qu'aux vivants... Si je m'étais ranimé, je me serais sans doute fait insulter, traiter de pervers, de salaud... On m'aurait peut-être même lynché... Mais là, mort, on m'aimait... Des filles venaient sans préambule me chevaucher tendrement ou sauvagement selon... ou juste me branlaient gentiment, le regard embué, comme on secoue un mouchoir blanc dans une gare pour dire adieu, ou me suçaient, en soulevant leur voile de crêpe, même si toutes n'en portaient pas... ça dépendait des fois... C'était chouette, même si j'éjaculais toujours dans l'autre monde, c'est à dire plus dans le rêve, mais dans mon lit, et que la conscience de la pollution en train d'avoir lieu gâchait quelque peu le plaisir, ne serait-ce que par crainte d'en foutre partout, ce qui m'incitait à maîtriser autant que je pouvais la puissance et l'intensité du jet par toutes sortes de techniques manuelles mais aussi mentales, dans un soucis au pire d'émission lente et contenue dans un périmètre sanitaire délimité en catastrophe, comme on parque les chevaux sauvages même s'il y en a toujours un ou deux qui s'échappent, au mieux d'orgasme seulement interne, tantrique, ce qui n'était jamais gagné d'avance, mais quelle fierté, quand j'y parvenais ne serait-ce qu'à moitié... La petite mort, en somme, me ramenait invariablement dans le monde des vivants, quand j'aurais préféré rester là-bas, au moins pour ne pas interrompre le plaisir... En même temps, je les trouvais un peu malsaines, nécrophiles quand même, ces filles, non?... Ou alors, comme Isis paluchant Osiris, elles tentaient de me faire revenir du royaume des morts?... Moi, je ne pourrais pas me taper une morte... Elles sont bizarres, quand même, ces filles...
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mercredi 26 septembre 2012
jeudi 5 janvier 2012
J'ose à peine en parler. Il faut dire que c'est un peu gênant... Voilà comment ça s'est passé... Nous nous sommes rencontrés, je ne sais plus très bien où, une soirée, il y avait pas mal de monde je crois, pas mal de bruit et de fumée. J'ai tout de suite été captivé par son regard. Je ne voyais maintenant plus qu'elle se détachant dans la fumée et ne percevais plus qu'un très subtil acouphène dans le silence cotonneux. Une petite brune un peu garçonne, jolie, pétillante, plutôt fine. Elle me dévorait gentiment des yeux. Je la dévorais également. Encule-moi, m'a-t-elle dit en guise de préambule, tendrement, innocemment, les yeux dans les yeux, comme elle m'aurait dit embrasse-moi... C'est même la première chose qu'elle m'a dite, quand je suis arrivé tout près d'elle et qu'on s'est retrouvés les yeux dans les yeux... Ça m'a un peu gêné, au début, je l'ai trouvée quand même très directe... S'il te plaît, a-t-elle supplié, avec une petite moue désarmante... Finalement, pourquoi pas, me suis-je dit, et lui ai-je dit, si tu y tiens tellement... Il faut préciser que ça n'avait rien de vulgaire, dans sa bouche... Je lui ai quand même fait remarquer qu'il y avait beaucoup de monde, qu'on ne pouvait pas faire ça comme ça aussi simplement devant tous ces gens même si j'étais bien conscient qu'ils n'existaient pas vraiment, tous ces gens, parce que les gens, ça n'existe pas vraiment, mais quand même... Devant tant de pudeur, elle a éclaté d'un rire joyeux... Et nous sommes partis... Elle a glissé gentiment son bras sous le mien... On allait trouver un endroit plus propice... Bien... En chemin, je l'ai sentie à un moment soucieuse et elle a voulu alors me présenter à son père... J'ai fait un peu la grimace... Allez, quoi, c'est juste à côté, viens, il est gentil tu verras... Et puis ça devenait sérieux nous deux, il était temps qu'elle me présente à son père... Elle n'avait jamais présenté un garçon à son père, pour dire que ce n'était pas rien, elle et moi... Ça m'embêtait un peu car je n'aime pas trop les pères, en général, je trouve qu'ils me regardent toujours un peu de travers, je ne sais pas pourquoi... Mais j'ai fini par céder... C'est vrai que nous deux, ça devenait sérieux, à un moment ou un autre il aurait bien fallu que je rencontre son père... Tu m'enculeras après, t'inquiète pas, m'a-t-elle rassuré... Bon... Nous nous sommes rendus ainsi chez son père. Il faisait déjà jour. On était même dimanche midi. Son père habitait sur les boulevards, à Paris. Ça circulait beaucoup. L'appartement était un peu bruyant. Les vitres tremblaient. Au début, j'ai fait un peu la grimace, car son père c'était Le Pen. (Moi qui avais toujours cru que ses filles étaient blondes et athlétiques...) Au bout d'un moment, je me suis quand même détendu, je l'ai trouvé même bien sympathique, son père, drôle, chaleureux... A la fin, on s'entendait même comme si ensemble on avait fait l'Algérie... Après le repas, elle m'a montré sa chambre, une chambre d'adolescente bien sage, toute bien rangée, elle était assise au bord du lit, toute timide soudain, me confiant que j'étais le premier homme à entrer dans sa chambre... (Au mur, j'ai remarqué ma photo...) Ton père n'est jamais entré?... Baissant la tête, elle a alors un peu rougi... Puis il était temps de s'en aller... On a fait nos adieux à son père... C'était émouvant... On s'est même embrassés... Dans la rue, elle a glissé tendrement son bras sous le mien, j'étais content, elle aussi était contente, son père ne m'avait pas rejeté, on était bien, la vie était belle, il y avait un grand et beau soleil, j'allais enfin pouvoir l'enculer...
mercredi 29 décembre 2010
La nuit dernière, une petite chienne sophistiquée, c'était je crois une chihuahua, m'a fait des avances que j'ai bêtement repoussées. Elle était très gracieuse, de grands yeux vicieux et songeurs, un élégant nœud jaune sur la tête. Mourant de regret, brûlant de désir, je suis parti à sa recherche, échouant finalement dans une petite épicerie, où la caissière, sans charme, obèse mais bigrement sensuelle, s'est penchée vers moi par dessus le comptoir, s'est mise à me dévorer la bouche tout en me branlant lentement.


