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vendredi 1 mars 2013

De Nancy, de Paris, de Toulouse, de Chatou, de Metz, de Villeurbanne, d'Annecy, de Lyon, de Montpellier,  de Nantes, de Grenoble, de Bordeaux, de Rennes, de Dijon, de Marseille, de Nulle Part, de Freyming, de Clermont-ferrand, de Lille, de Caen, d'Aix-en-Provence, de Rouen, de Khalmthout, de La Chaux-de-Fonds, de Lausanne, de Monchengladbach, de Setif, de Schweighouse-sur-Moder, de Selestat, de Strasbourg, de Bayonne, de La Réunion, de Pau, de Brest, de Chartres, de St Aignan, de Tours, de Besançon, de Clichy, de Créteil, de Gaillon, de La Courneuve, de Melun, de Palaiseau, de Pantin, de Plaisir, de Provins, de Rueil-Malmaison, de Seris, de Sainte-Geneviève-des-bois, de Versailles, de Nîmes, de Calais, de Douai, de Seclin, de Valenciennes, de Cholet, d'Albert, de Compiègne, de Saintes, d'Avignon, de Digne, de Grasse, d'Hyère, de La-Seine-sur-Mer, de Villeneuve-Loubet, d'Archamps, de Bron, de Limonest, de Saint-Etienne, de London, du Luxembourg, de Moscou, de Malmø, de Tunis, de Kiev, de Los Angeles, de Taylor (Michigan), est-on venu en février me voir. Jean-Charles Freycon, not set, Stan Getz, croix de malte cinéma, saucisson, fille qui court, Jean Valjean, Mariko Okada, acteur baraqué, anomalies l'île de Moucha, banc misère, bateau sculpté en bois d'olivier, duel au soleil, encule-moi gentiment, enfance de Vincent Van Gogh, femme où on voit les seins, femme qui court, fleur du saucisson sec, fumée bouche, Harry Baur, help je me noie!, homme qui rit, invention militaire, Jacques Chenal kung fu, James Blake (conducteur de bus), jeune fille qui court, Madame Muir et le fantôme, malade fumeur, mariage Marina et Carlo 21 janvier 2012, Maureen O Sullivan, Michel Simon, Michel Simon et les misérables, Mouchette, Mouchette à guillotine, Mouchette and Co, Nancy Brown peace carillon tower, objet déco militaire, Ovidie nue, petits seins aux gros tétons matures, pieds de la misère, plafond bois, rond de fumée, seins noirs, s'en aller, si tu aimes quelque chose laisse-la partir si elle revient elle est à toi si elle ne revient pas elle n’aura jamais eu lieu d’être, sodomie trop profonde, sœurs du couvent Sainte-Rita, Tippi Hedren les oiseaux, vieil avion plage, Zoku Sugata Sanshiro, s'est-on interrogé en gros.

samedi 31 mars 2012

Alors, vous ne le savez peut-être pas, mais je vous observe. (Ma lectrice, elle, le sait depuis longtemps. J'en profite pour la saluer. Bonjour alors, ou plutôt bonsoir, lectrice. J'espère que vous allez bien et que je ne vous ai pas trop saoulée, la dernière fois, avec mes trucs. Oui... oui... le hammam, vous devriez... Tout par le siphon, vous verrez!... Chuis quand même un peu con, quand je m'y mets...) Oui, alors, je vous observe, qui que vous soyez. Ça m'intrigue. Ça m'intrigue même beaucoup. (Ma lectrice le sait bien, car on en discute parfois. Elle s'y connait bien, en statistiques, bien mieux que moi...) Avant, il n'y a pas si longtemps, personne ou presque ne venait. J'étais tranquille. Je me foutais de tout. Je croyais être tout seul. Je ne me rasais pas tous les matins, loin de là. (Maintenant non plus.) Parfois même je ne me lavais pas de la semaine, voire du mois. C'est ça, la vie sauvage, on s'en fout, au bout d'un moment, on n'a à plaire à personne, même pas à soi. On se gratte un peu au début, parce qu'on n'est pas habitué, on a encore la peau délicate. Puis après, n'est-ce pas... Donc, il ne passait pas grand monde, par ici, je disais. J'étais bien. Incognito il me semblait. Je venais poser ma petite crotte, de temps en temps, sans trop m'appliquer, un besoin, allez hop! je ne vais quand même pas faire des manières, tout seul dans mon coin, je me disais... Puis, un jour, j'ai découvert l'existence des statistiques. Ça a coïncidé avec l'apparition de ma lectrice. Depuis, je suis obsédé par mes statistiques. Ça monte... ça monte... ça n'arrête plus de monter... Pas énormément non plus, mais il faut voir qu'il n'y a pas si longtemps c'était désert, vraiment... J'ai même fini par localiser au moins six visiteurs... Des habitués quoi, des qui reviennent et même parfois plusieurs fois par jour, voir s'il n'y aurait pas du nouveau, par hasard... Au début, ça m'a fait très bizarre... Comment pouvait-on revenir si fréquemment ici, alors qu'il n'y avait rien?... Alors, parmi les six, j'en connais au moins une, ma lectrice forcément, et puis peut-être aussi cette personne, à Toulouse, que j'en profite aussi pour saluer : salut, gars!... (Si c'est toi, évidemment...) Et puis peut-être aussi ma sœur?... Il en reste au moins trois... Alors, j'observe tout ce monde, je sais dans quelle ville ils sont, quels jours en général ils passent, plutôt le matin, l'après-midi ou le soir, je sais quel type d'ordinateur ils ont, par quels mots clés ils sont arrivés jusqu'ici, la définition de leur écran, leur fournisseur d'accès, quelles pages ils visitent et combien de temps ils y restent, je sais même comment ils sont habillés, la couleur de leurs yeux, s'ils sont laids comme des poux ou gracieux faut voir comme car je les observe par l'œil de leur webcam... si si... sauf ceux qu'ont bouché l'trou... malins... J'ai même un abonné depuis ce mois!... J'en revenais pas quand j'ai vu ça... Je pensais avoir interdit l'opération... Je ne suis pas un communicant moi, pas un type à réseaux, pas du tout liant sur la toile... Alors, un abonné, putain... je vais voir qui c'est... Un Frenchie expatrié aux States, rockeur, écrivain, pas un abonné de merde je me dis, abonné en plus qu'à des trucs bien classieux, littéraires, artistiques et tout... Hi! man!... Je suis même allé voir sur son site... mais je ne me suis pas abonné... car je ne m'abonne pas, moi, c'est comme ça, et puis je ne vote pas non plus... Oui oui... Pas mal... Sympa, le type... Y chante bien... Bonnes références et tout... S'la joue pas trop... Pas de la merde quoi même si le rock globalement ça me fait un peu chier... Si ça continue moi je vais m'inscrire sur facebook... Je pourrai lever mon pouce : "j'aime!".... J'aurai plein d'amis vachement cool, tous le pouce levé, sourire béat : "j'aime!"... Alors, je vous observe, comme je disais... Ça a dû changer ma façon d'être ici... Je me sens observé... donc j'observe... Pas grand monde, mais quand même, au moins six qui reviennent... C'est une foule, pour moi, six... Je les imagine, entassés dans mon petit chez-moi... on a du mal à respirer... il y a comme une oppressante promiscuité... Alors, le soir, je vais voir mes statistiques... les six, s'ils sont passés... (Il y en a même eu sept, à une époque, et même huit et même peut-être neuf, pour vous dire, je ne parle pas des occasionnels, je parle de ceux qui sont accros...) Parfois je fais un peu le con, pour voir... Il faudra bien que ça cesse, un jour, ces conneries... J'étais quand même mieux, avant les statistiques... Le fait de se sentir observé, on n'est plus le même... On se met alors soi-même à observer ceux qui vous observent.. On se met aussi alors à soigner plus la virgule, autrement dit à se couper les poils du nez, collé au miroir avec cet air idiot, pas un qui dépasse, pareil pour les oreilles mais à la pince à épiler pour les oreilles, poil après poil, bien plus difficile, les oreilles, et douloureux, alors que le nez, quand même, c'est fastoche à côté, allez choper juste un poil tout fin sur le lobe de l'oreille, à l'envers dans le miroir, vous croyez aller dans un sens mais vous allez dans l'autre, il faut alors se mettre à penser à l'envers, dire à la main d'aller à droite pour aller à gauche, d'avancer pour reculer, après vous faites tout à l'envers même dans la rue, n'importe où, n'importe quand, n'importe quoi, à cause d'un poil d'oreille et quand vous l'avez enfin coincé, le poil, vous ratez l'extraction et poussez un juron, putain de merde, il est encore là, ce con, en plus il a frisé en glissant entre les mâchoires pas assez fermes de la pince parce que vous étiez un peu fébrile lors de l'opération, la peur de l'échec, sera encore plus dur à coincer, le vicieux, allez coincer une spirale... Chuis pas trop moche?... Mais parfois j'ai envie d'être moche, aussi, de vous roter à la gueule, parfaitement, ou de lâcher un gros et mauvais vent... Vulgaire?... Ben ouais... Barrez-vous si vous êtes pas contents... J'vous emmerde... (Ma lectrice, elle n'aime pas, quand je dis ça...) J'étais bien mieux tout seul de toutes façons... Pas du genre moi bien parfumé et bien peigné à faire des délicats mots d'esprit... même si parfois je suis tenté et que ça doit peut-être même m'échapper, comme un pet de vieux... C'est une question de classe, je crois, que je n'ai pas, et n'aurai jamais, et ne voudrais pour rien au monde avoir, car je crois qu'alors je me dégoûterais pour de bon...  En même temps, j'ai l'air un peu comme ça rugueux, parfois, mais ça n'a rien de très sérieux...

jeudi 19 mai 2011

Une inconnue venait me voir, anonyme, me disait des choses très gentilles, très tendres. Je l'ai bannie. Quand elle venait me voir, mon compteur s'affolait. Elle est là, je me disais alors... J'allais donc la retrouver, quelque part dans mon labyrinthe, là où on s'entretenait... Mais je me suis bientôt moqué d'elle, de sa candeur, de sa gentillesse. J'ai horreur qu'on m'admire, qu'on me flatte. Je flaire toujours la tromperie, derrière les mots trop gentils. Je la soupçonnais en plus de ne pas être tout à fait inconnue. Elle me faisait penser à quelqu'une. Puis même à deux. Puis, après l'avoir bannie, à dix... cent... Juste au boulot, dans mon cinéma... Tiens, celle-là, la petite très jolie, elle est encore plus timide qu'avant... Elle baisse les yeux, maintenant, quand elle me parle... Et puis l'autre, là, elle m'a dit un truc bizarre, hier... C'est qu'il y en a des filles, dans mon cinéma... Et ailleurs... Ma voisine?... Et puis le passé, évidemment... Je l'ai bannie... C'était sans doute ma seule visiteuse assidue depuis un certain temps... Elle a fait exploser mes statistiques du mois d'avril... Du coup, ça faussait mes statistiques, ça ne voulait plus rien dire... Parce que ça me plaît bien, d'étudier mes statistiques, savoir d'où ils viennent, tous ces pèlerins... Une fois, quelqu'un a atterri chez moi en cherchant à savoir combien il fallait de temps pour mourir crucifié... Quelqu'un d'autre a tapé dans google : "j'ai menti mon père est mort"... Fascinant... En général, c'est très calme, il ne vient pas grand monde, c'est apaisant, je me sens un peu gardien de phare éteint, avec mes jumelles, sur une île improbable, ou même pas une île, un récif quelconque bien à l'écart des routes commerciales, touristiques, bien à l'écart de toutes les routes... Parfois, j'ai plein d'Américains, qui viennent, d'un coup... (Quand je dis plein, c'est une dizaine...) Que viennent-ils faire?... Après le tsunami, j'ai eu une vaguelette de Japonais... Puis il y a eu ma visiteuse anonyme, mon inconnue que je soupçonnais de ne pas l'être tant que ça, à cause de mes statistiques, parce que je faisais des recoupements, c'était fortement improbable qu'elle fût venue par hasard, comme elle l'affirmait, pas impossible, mais improbable... Une chance sur mille?... Grosso modo... Bref, je l'ai bannie... Je l'ai chassée une première fois, en prenant ma grosse voix, sachant qu'elle reviendrait (mon instinct), puis la deuxième fois je l'ai carrément bannie, mon inconnue... Gentiment, mais tout de même assez cruellement je me suis dit ensuite... Elle semblait dans tous ses états, avant que je la bannisse, émue, blessée, je me suis dit alors qu'il valait mieux la bannir, pour ne pas la blesser davantage, mon inconnue, par précaution, ça dégénérait scène de ménage très houleuse et même tempête conjugale, me suis-je dit, du haut de mon phare éteint... Elle est revenue encore un peu, après, je l'observais, elle se rendait toujours au même endroit, dans le labyrinthe, là où nous avions rendez-vous, autrefois, sauf qu'elle ne rentrait plus par la même porte, comme pour se dissimuler encore plus, même si elle ne pouvait plus s'exprimer comme avant, puisque j'avais effacé toutes les traces de son passage (sauf une) et ainsi de son existence et donc de notre relation si je peux dire... Elle venait un moment, hésitait, repartait, revenait un moment plus tard, hésitait encore... Moi, silencieusement, je l'observais... Puis tout est redevenu bien calme, sur mon bout de rocher isolé... Plus personne ne vient m'emmerder... Tranquille... La vie sauvage quoi... En même temps, elle me manque, mon inconnue, maintenant qu'elle n'est plus là... Qui qu'elle soit, elle était tout de même ma seule lectrice avérée, ma mystérieuse intruse... Si ça se trouve même elle était très jolie et très fine, ma groupie, comme elle disait... Elle me trouvait tellement sensible et plein de charme... Ça peut agacer...