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jeudi 2 septembre 2010

Bette Davis est hallucinante, dans Mr Skeffington, de Vincent Sherman. (Je refuse catégoriquement d'utiliser ou même de me souvenir du titre français, absolument mièvre...) Film assez singulier où l'on oscille longtemps entre comédie un peu cruelle et mélodrame. (Je n'ai pas souvenir d'un autre film mélangeant ainsi, si subtilement, les deux genres.) On ne sait jamais sur quel pied danser et du coup on boite tout du long. Très grande finesse de mise en scène de Sherman (qui n'a rien à voir avec le char d'assaut ni le génocideur d'Indiens), captation fugace de petits regards très éloquents, au début, notamment de Claude Rains, formidable. En 1944, à 36 ans, Bette Davis réussit à avoir la tête et la folie qu'elle aura presque 20 ans plus tard dans qu'est-il arrivé à Baby Jane, comme si elle savait déjà... C'est monstrueux, absolument gênant... Malgré le happy end (au goût un peu rance), Sherman réussit à être bien plus cruel que le Douglas sirk d'imitation of life... Dans ce sens, c'est peut-être un des plus beaux happy ends du cinéma hollywoodien... Gros malaise, à la fin... Un des plus beaux rôles de Claude Rains, au moins aussi mémorable que dans notorious... Ça me donne envie de voir d'autres films de Vincent Sherman, que je ne connais pas vraiment, quelques films par ci par là que j'ai oubliés, désormais j'y ferai plus attention... (Sur Wikipédia, Mr Skeffington est attribué à... Irving Rapper... On se demande qui écrit les articles...)

jeudi 19 août 2010

Très beau lancer de chat, dans crime in the streets, de Don Siegel. (Peut-être était-ce le même chat que dans pick-up on south street?) John Cassavetes est bien mieux que James Dean dans rebels without cause, à mon goût, bien plus rebelle. On retrouve un peu les mêmes ingrédients que dans rebels without cause, Sal Mineo y tient d'ailleurs grosso modo le même rôle, mais tout est beaucoup moins clinquant, glamour et maniéré, plus étouffé, plus noir, oppressant, même si en fin de compte il ne se passe pas grand chose. C'est ce qui est bon, il ne se passe pas grand chose, à part ce beau lancer de chat évidemment. On est tout absorbé par la grâce un peu canaille et torturée de John Cassavetes, souvent un peu poseur et outrancier, moins que dans dirty dozen ou saddle the wind, plus que dans edge of the city. Il déchirait l'écran, le John... Quand il embrasse son frère, à la fin, on a peut-être les prémices du Cassavetes futur... Don Siegel filme parfois comme Fritz Lang... La rambarde du balcon ou la tête de lit sont des barreaux de prison... En tout cas, même si ça semble plus ancien alors que ça a été tourné un an après, ça a beaucoup mieux vieilli que la fureur de vivre.