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mercredi 6 octobre 2010

J'étais sur le point de revoir battle cry, de Raoul Walsh, un film que j'aime beaucoup, je ne sais pas trop pourquoi, un drôle de film de guerre au ton propagandiste où ils sont toujours ou presque en permission, avec gradés fort sympathiques, sergent instructeur bonne pâte, des vrais copains... Alors, juste avant, je m'interroge... Pourquoi je l'aime autant, ce film?... Eh bien... c'est peut-être entre autres parce que j'adore cet acteur, là... Comment il s'appelle déjà, le sergent instructeur?... Je ne sais pas... C'est l'éternel sergent, le Spencer Tracy de série B... Et dans d'autres films aussi, je ne me souviens que de lui, sans connaître son nom... Il est temps d'y remédier!... Quand je reverrai Bastogne, ou encore asphalt jungle, sans oublier le formidable them! et tant d'autres films où il figure toujours indélébilement, je saurai dorénavant qu'il s'agit de James whitmore... J'adore James whitmore, voilà, quand il a les pieds gelés dans Bastogne, en simple flic en uniforme (de sergent) qui combat les bestioles dans des monstres attaquent la ville(them!), il déchire l'écran, il est magnifique... Je suis étonné, en consultant sa filmographie, qu'il ne figure dans aucun film de guerre de Samuel Fuller... Parce qu'il a vraiment une gueule à avoir joué dans un film de guerre de Samuel Fuller... Il aurait pu être dans baïonnette au canon, ou dans the steel helmet (j'adore ce film, qui me rappelle un peu la patrouille perdue de John Ford...) ou les maraudeurs attaquent... Oui, James Whitmore, une sacrée trogne... Je l'ai vu plein de fois, le James, il n'était peut-être pas toujours au générique... C'est lui qui faisait l'éducateur, dans crime in the streets... Il était bien... Ce n'était pas un chef-d'œuvre, mais ça faisait bien plaisir d'y voir James Whitmore en face du jeunot Cassavetes... C'est bien de pouvoir enfin mettre un nom sur un visage qui m'était tellement familier depuis toujours... J'ai dû aussi le voir dans une tripotée de westerns, je le vois, sur son cheval, la clope au bec, un peu de traviole, démarche toujours un peu bancale, l'œil un peu torve, le chapeau plutôt en arrière, les deux mains sur le pommeau de la selle, la chique dans la joue... Tout comme c'est bien de se souvenir que Dolores Dorn était sublime dans underworld USA, même si elle n'a fait que ça de mémorable, hélas pour le cinéma... Se faire son petit Panthéon B à soi... Il n'y a pas que Gary Cooper et Greta Garbo... Moi, si j'avais été cinéaste américain dans les années 40 et 50, j'en aurais fait ma vedette, de James Whitmore... Oui, parfaitement...

jeudi 19 août 2010

Très beau lancer de chat, dans crime in the streets, de Don Siegel. (Peut-être était-ce le même chat que dans pick-up on south street?) John Cassavetes est bien mieux que James Dean dans rebels without cause, à mon goût, bien plus rebelle. On retrouve un peu les mêmes ingrédients que dans rebels without cause, Sal Mineo y tient d'ailleurs grosso modo le même rôle, mais tout est beaucoup moins clinquant, glamour et maniéré, plus étouffé, plus noir, oppressant, même si en fin de compte il ne se passe pas grand chose. C'est ce qui est bon, il ne se passe pas grand chose, à part ce beau lancer de chat évidemment. On est tout absorbé par la grâce un peu canaille et torturée de John Cassavetes, souvent un peu poseur et outrancier, moins que dans dirty dozen ou saddle the wind, plus que dans edge of the city. Il déchirait l'écran, le John... Quand il embrasse son frère, à la fin, on a peut-être les prémices du Cassavetes futur... Don Siegel filme parfois comme Fritz Lang... La rambarde du balcon ou la tête de lit sont des barreaux de prison... En tout cas, même si ça semble plus ancien alors que ça a été tourné un an après, ça a beaucoup mieux vieilli que la fureur de vivre.