Quel bonheur de pouvoir voir et revoir encore la mort aux trousses... Autour de minuit, l'envie me prend... Et je peux... Je l'ai... Je peux le voir autant de fois que je veux... Si j'avais su, quand j'avais dix ans, que j'aurais ce privilège... C'était le film qui suspendait le temps... C'était même un trou dans l'espace-temps... La vie, ce qui m'attendait, ne me réjouissait pas beaucoup... L'angoisse me nouait... J'avais parfois des crises terribles et je me roulais par terre en me tenant le ventre... (Un boyau qui se tord, disait le médecin de famille, qui était très gentil...) Mais là, pendant la mort aux trousses, tout disparaissait, j'étais happé... J'aurais aimé que ça dure l'éternité... Magie du cinéma... De ce film, en particulier, pour le gamin de 10 ans que j'étais, de 43 ans que je suis... La nuit m'appartient... Je n'ai plus ces angoisses de quand j'avais 10 ans, mais j'ai conservé le goût immodéré pour ce film... Je suis émerveillé à chaque fois au moins autant que la fois précédente... Quelle splendeur... Quel rythme endiablé... Et puis je ris, même si je connais toutes les répliques par cœur... (La scène dans l'ascenseur avec sa mère et les deux tueurs... juste m'en souvenir me fait glousser...) Et puis je suis toujours autant ému quand je vois Eva Marie Saint... Quelle grâce... J'en ai les larmes aux yeux, quand je la vois... La petite musique mélancolique de Bernard Herrmann, pendant les scènes d'amour... Comme c'est douloureux, au fond, l'amour, mon amour, comme si sa jolie main vous étreignait le cœur à nu, à vif, tendrement... Comme le technicolor était beau... Comme toutes les choses étaient belles, les voitures, les architectures, les compartiments de train, les robes d'Eva Marie Saint... Eva, qui s'appelle Eve, dans le film... Comme Cary Grant était drôle... Comme James Mason était fin... Comme Hitchcock était grand... Quel curieux mélange...
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mercredi 16 décembre 2009
Quel bonheur de pouvoir voir et revoir encore la mort aux trousses... Autour de minuit, l'envie me prend... Et je peux... Je l'ai... Je peux le voir autant de fois que je veux... Si j'avais su, quand j'avais dix ans, que j'aurais ce privilège... C'était le film qui suspendait le temps... C'était même un trou dans l'espace-temps... La vie, ce qui m'attendait, ne me réjouissait pas beaucoup... L'angoisse me nouait... J'avais parfois des crises terribles et je me roulais par terre en me tenant le ventre... (Un boyau qui se tord, disait le médecin de famille, qui était très gentil...) Mais là, pendant la mort aux trousses, tout disparaissait, j'étais happé... J'aurais aimé que ça dure l'éternité... Magie du cinéma... De ce film, en particulier, pour le gamin de 10 ans que j'étais, de 43 ans que je suis... La nuit m'appartient... Je n'ai plus ces angoisses de quand j'avais 10 ans, mais j'ai conservé le goût immodéré pour ce film... Je suis émerveillé à chaque fois au moins autant que la fois précédente... Quelle splendeur... Quel rythme endiablé... Et puis je ris, même si je connais toutes les répliques par cœur... (La scène dans l'ascenseur avec sa mère et les deux tueurs... juste m'en souvenir me fait glousser...) Et puis je suis toujours autant ému quand je vois Eva Marie Saint... Quelle grâce... J'en ai les larmes aux yeux, quand je la vois... La petite musique mélancolique de Bernard Herrmann, pendant les scènes d'amour... Comme c'est douloureux, au fond, l'amour, mon amour, comme si sa jolie main vous étreignait le cœur à nu, à vif, tendrement... Comme le technicolor était beau... Comme toutes les choses étaient belles, les voitures, les architectures, les compartiments de train, les robes d'Eva Marie Saint... Eva, qui s'appelle Eve, dans le film... Comme Cary Grant était drôle... Comme James Mason était fin... Comme Hitchcock était grand... Quel curieux mélange...lundi 30 novembre 2009
Parfois (et même souvent) j'ai besoin de retourner à mes classiques. Dès les premières images de Saul Bass, dès les premières notes de Bernard Herrmann, je suis envoûté. Rarement l'alchimie entre l'image et le son a si bien fonctionné. (La petite chose que j'ai remarquée lors de ma dernière vision : à un moment, lorsque Stewart est en maison de repos, quelques subtiles notes de musique opèrent la transition avec le plan suivant, quelques mois plus tard. Je me suis passé plusieurs fois cet instant, entre deux plans, pour savourer ce motif délicat, ces quelques notes qui durent des mois... Ça ne m'avait pas marqué, les fois précédentes, et là, ces quelques notes ont provoqué en moi quelque chose de très étrange et j'ai eu besoin de retourner voir, ou plutôt de retourner entendre... J'ai été conscient d'être sensible à un effet, qui auparavant n'opérait qu'inconsciemment, dans un état proche de l'hypnose...) Quand j'étais gamin, je préférais la mort aux trousses. Il passait souvent le dimanche soir, à 20 heures 30. Le lendemain matin, je devais me lever très tôt pour partir à l'internat, où j'étais enfermé toute la semaine. Alors, je savourais. Le film était long. C'était un sursis, mieux valait qu'il soit long. Si j'avais pu, je serais resté l'éternité à regarder la mort aux trousses, la boule dans le ventre disparaissant le temps du film. C'est aussi un dimanche soir à la télé que j'ai dû voir pour la première fois vertigo. C'était beaucoup plus étrange, beaucoup plus complexe, pour un enfant de dix onze ans. (Ça l'est toujours, pour un homme de 43 ans.) Je suis toujours frappé par la splendeur de la chose, sans même parler des retentissements psychologiques. Tous ces talents réunis sous la baguette de Sir Alfred... D'un point de vue plastique, j'adore la période VistaVision et Technicolor d'Alfred Hitchcock... (Même si, en fait, Hitchcock, c'est toujours beau, la grande classe inoxydable...) Quand Kim Novak apparaît, dans sa robe verte, dans le restaurant rouge... La scène dans la forêt de sequoias... La Rolls verte... Le collier rouge de Carlotta...