jeudi 2 septembre 2010

Bette Davis est hallucinante, dans Mr Skeffington, de Vincent Sherman. (Je refuse catégoriquement d'utiliser ou même de me souvenir du titre français, absolument mièvre...) Film assez singulier où l'on oscille longtemps entre comédie un peu cruelle et mélodrame. (Je n'ai pas souvenir d'un autre film mélangeant ainsi, si subtilement, les deux genres.) On ne sait jamais sur quel pied danser et du coup on boite tout du long. Très grande finesse de mise en scène de Sherman (qui n'a rien à voir avec le char d'assaut ni le génocideur d'Indiens), captation fugace de petits regards très éloquents, au début, notamment de Claude Rains, formidable. En 1944, à 36 ans, Bette Davis réussit à avoir la tête et la folie qu'elle aura presque 20 ans plus tard dans qu'est-il arrivé à Baby Jane, comme si elle savait déjà... C'est monstrueux, absolument gênant... Malgré le happy end (au goût un peu rance), Sherman réussit à être bien plus cruel que le Douglas sirk d'imitation of life... Dans ce sens, c'est peut-être un des plus beaux happy ends du cinéma hollywoodien... Gros malaise, à la fin... Un des plus beaux rôles de Claude Rains, au moins aussi mémorable que dans notorious... Ça me donne envie de voir d'autres films de Vincent Sherman, que je ne connais pas vraiment, quelques films par ci par là que j'ai oubliés, désormais j'y ferai plus attention... (Sur Wikipédia, Mr Skeffington est attribué à... Irving Rapper... On se demande qui écrit les articles...)

vendredi 20 août 2010


Pas loin de 15 ans que je le cherchais, dans les bouquineries, un peu partout, l'Obsession. (Je connaissais quelqu'un qui l'avait dans sa bibliothèque mais il n'a jamais voulu me le prêter, ni même seulement me le faire voir, tellement il y tenait...) Il y a quelques années, j'ai renoncé, je n'y ai plus pensé comme autrefois. Hier, j'ai appris qu'il avait été réédité. J'ai passé l'après-midi à écumer les librairies de Lyon. A la dernière, je l'ai trouvé, au fond d'un carton, sous une table, il n'y en avait qu'un exemplaire. Ils s'y sont mis à deux libraires pour le trouver. Mon cœur battait très fort. J'étais très ému. J'espère que c'est la même traduction que dans l'extrait que j'avais lu... Je ne sais pas si je vais oser l'ouvrir tout de suite. Ce serait un peu gâcher le plaisir, je me dis, après toutes ces années d'attente, il faut laisser regonfler le désir, le feuilleter un peu peut-être, le renifler et puis le reposer, ne pas en tout cas se jeter dessus comme un morfale... Laisser infuser en moi cette sensation d'accomplissement...

jeudi 19 août 2010

Très beau lancer de chat, dans crime in the streets, de Don Siegel. (Peut-être était-ce le même chat que dans pick-up on south street?) John Cassavetes est bien mieux que James Dean dans rebels without cause, à mon goût, bien plus rebelle. On retrouve un peu les mêmes ingrédients que dans rebels without cause, Sal Mineo y tient d'ailleurs grosso modo le même rôle, mais tout est beaucoup moins clinquant, glamour et maniéré, plus étouffé, plus noir, oppressant, même si en fin de compte il ne se passe pas grand chose. C'est ce qui est bon, il ne se passe pas grand chose, à part ce beau lancer de chat évidemment. On est tout absorbé par la grâce un peu canaille et torturée de John Cassavetes, souvent un peu poseur et outrancier, moins que dans dirty dozen ou saddle the wind, plus que dans edge of the city. Il déchirait l'écran, le John... Quand il embrasse son frère, à la fin, on a peut-être les prémices du Cassavetes futur... Don Siegel filme parfois comme Fritz Lang... La rambarde du balcon ou la tête de lit sont des barreaux de prison... En tout cas, même si ça semble plus ancien alors que ça a été tourné un an après, ça a beaucoup mieux vieilli que la fureur de vivre.




l'origine du monde




(Dans les rêves, on y voit mieux sans lunettes : 1ère réflexion matinale.)

vendredi 13 août 2010



Je suis né 32 ans jour pour jour après la mort de Dillinger.
Et alors?
Et alors rien.
Dillinger est mort et je suis né, c'est tout.
On ne célèbre ni sa mort, ni ma naissance. 
Il avait une sacrée gueule, quand même, ce Dillinger.
L'œil à la fois mauvais et rieur.
Si on ne regarde que son œil droit, il est très farouche,
concentré comme pour vous tirer une balle en pleine tête.
Si on ne regarde que le gauche,
il est drôlement sympatique,
blagueur, ironique.

samedi 19 juin 2010

Par
fois
sous
mes
pau
pières
quelque
chose
me
fait
lever
les
yeux
en
l'air.
Par
fois
je
sens
bouger
en
moi
quel
que
chose
de
vrai
ment
in
quié
tant.

vendredi 18 juin 2010

Par
fois
j'ai
me
rais
que
ça
con
ti
nue
en
co
re
un
peu.