Bette Davis est hallucinante, dans Mr Skeffington, de Vincent Sherman. (Je refuse catégoriquement d'utiliser ou même de me souvenir du titre français, absolument mièvre...) Film assez singulier où l'on oscille longtemps entre comédie un peu cruelle et mélodrame. (Je n'ai pas souvenir d'un autre film mélangeant ainsi, si subtilement, les deux genres.) On ne sait jamais sur quel pied danser et du coup on boite tout du long. Très grande finesse de mise en scène de Sherman (qui n'a rien à voir avec le char d'assaut ni le génocideur d'Indiens), captation fugace de petits regards très éloquents, au début, notamment de Claude Rains, formidable. En 1944, à 36 ans, Bette Davis réussit à avoir la tête et la folie qu'elle aura presque 20 ans plus tard dans qu'est-il arrivé à Baby Jane, comme si elle savait déjà... C'est monstrueux, absolument gênant... Malgré le happy end (au goût un peu rance), Sherman réussit à être bien plus cruel que le Douglas sirk d'imitation of life... Dans ce sens, c'est peut-être un des plus beaux happy ends du cinéma hollywoodien... Gros malaise, à la fin... Un des plus beaux rôles de Claude Rains, au moins aussi mémorable que dans notorious... Ça me donne envie de voir d'autres films de Vincent Sherman, que je ne connais pas vraiment, quelques films par ci par là que j'ai oubliés, désormais j'y ferai plus attention... (Sur Wikipédia, Mr Skeffington est attribué à... Irving Rapper... On se demande qui écrit les articles...)jeudi 2 septembre 2010
Bette Davis est hallucinante, dans Mr Skeffington, de Vincent Sherman. (Je refuse catégoriquement d'utiliser ou même de me souvenir du titre français, absolument mièvre...) Film assez singulier où l'on oscille longtemps entre comédie un peu cruelle et mélodrame. (Je n'ai pas souvenir d'un autre film mélangeant ainsi, si subtilement, les deux genres.) On ne sait jamais sur quel pied danser et du coup on boite tout du long. Très grande finesse de mise en scène de Sherman (qui n'a rien à voir avec le char d'assaut ni le génocideur d'Indiens), captation fugace de petits regards très éloquents, au début, notamment de Claude Rains, formidable. En 1944, à 36 ans, Bette Davis réussit à avoir la tête et la folie qu'elle aura presque 20 ans plus tard dans qu'est-il arrivé à Baby Jane, comme si elle savait déjà... C'est monstrueux, absolument gênant... Malgré le happy end (au goût un peu rance), Sherman réussit à être bien plus cruel que le Douglas sirk d'imitation of life... Dans ce sens, c'est peut-être un des plus beaux happy ends du cinéma hollywoodien... Gros malaise, à la fin... Un des plus beaux rôles de Claude Rains, au moins aussi mémorable que dans notorious... Ça me donne envie de voir d'autres films de Vincent Sherman, que je ne connais pas vraiment, quelques films par ci par là que j'ai oubliés, désormais j'y ferai plus attention... (Sur Wikipédia, Mr Skeffington est attribué à... Irving Rapper... On se demande qui écrit les articles...)vendredi 20 août 2010

Pas loin de 15 ans que je le cherchais, dans les bouquineries, un peu partout, l'Obsession. (Je connaissais quelqu'un qui l'avait dans sa bibliothèque mais il n'a jamais voulu me le prêter, ni même seulement me le faire voir, tellement il y tenait...) Il y a quelques années, j'ai renoncé, je n'y ai plus pensé comme autrefois. Hier, j'ai appris qu'il avait été réédité. J'ai passé l'après-midi à écumer les librairies de Lyon. A la dernière, je l'ai trouvé, au fond d'un carton, sous une table, il n'y en avait qu'un exemplaire. Ils s'y sont mis à deux libraires pour le trouver. Mon cœur battait très fort. J'étais très ému. J'espère que c'est la même traduction que dans l'extrait que j'avais lu... Je ne sais pas si je vais oser l'ouvrir tout de suite. Ce serait un peu gâcher le plaisir, je me dis, après toutes ces années d'attente, il faut laisser regonfler le désir, le feuilleter un peu peut-être, le renifler et puis le reposer, ne pas en tout cas se jeter dessus comme un morfale... Laisser infuser en moi cette sensation d'accomplissement...
jeudi 19 août 2010
vendredi 13 août 2010


Je suis né 32 ans jour pour jour après la mort de Dillinger.
Et alors?
Et alors rien.
Dillinger est mort et je suis né, c'est tout.
On ne célèbre ni sa mort, ni ma naissance.
Il avait une sacrée gueule, quand même, ce Dillinger.
L'œil à la fois mauvais et rieur.
Si on ne regarde que son œil droit, il est très farouche,
concentré comme pour vous tirer une balle en pleine tête.
Si on ne regarde que le gauche,
il est drôlement sympatique,
blagueur, ironique.
Et alors rien.
Dillinger est mort et je suis né, c'est tout.
On ne célèbre ni sa mort, ni ma naissance.
Il avait une sacrée gueule, quand même, ce Dillinger.
L'œil à la fois mauvais et rieur.
Si on ne regarde que son œil droit, il est très farouche,
concentré comme pour vous tirer une balle en pleine tête.
Si on ne regarde que le gauche,
il est drôlement sympatique,
blagueur, ironique.