J'étais tellement content, il y a quelques semaines, on ressortait à bout portant, dans mon cinéma, the killers, de Don Siegel, j'allais enfin le voir sur grand écran. Quelle déception quand j'ai compris qu'il ne s'agissait là que d'un petit thriller français, dont paraît-il on avait beaucoup parlé à la télé, mais je ne regarde pas beaucoup la télé. Je suis quand même allé le voir, comme ça, par curiosité, savait-on jamais : sans commentaire. Ils auraient pu choisir un autre titre que la traduction du the killers de Don Siegel. En même temps, j'avais trouvé ça bizarre, qu'ils ressortent à bout portant, dans mon cinéma, ce n'était pas trop le genre de la maison, mais comme je suis foncièrement optimiste je m'étais dit qu'ils faisaient des essais, maintenant qu'on passait de la vo et qu'on participait au festival Lumière et puis Don Siegel était au programme d'il y a deux ans, alors... en fin d'année, un petit classique, sur grand écran, quelle bonne idée, quel chouette cadeau, et puis ça a de la gueule, quand même, the killers... Je suis bien naïf, parfois... Du coup, pour me consoler, je l'ai revu chez moi, sur petit écran... Je préfère toujours la version de Siodmak, pour sa grande beauté formelle, mais j'aime beaucoup aussi celle-ci, plus nihiliste, carrément plus violente, on ne craint pas de brutaliser les aveugles et de tabasser les femmes, qui laisse une plus grande place aux tueurs, car ce sont eux qui mènent l'enquête... C'est dommage que d'autres cinéastes n'aient pas eu envie de refaire the killers... (Il y a bien eu le petit film d'étude de Tarkovsky, mais c'est tout juste une curiosité, un court-métrage un peu mal fagoté d'un génie qui ne s'était pas encore trouvé...) Les variations pourraient être infinies... Peut-être que Tarantino y a un peu pensé en brossant les personnages des deux tueurs de Pulp fiction... Michael Mann, par exemple, il pourrait nous en faire une autre version, de the killers... Il suffit de prendre la très courte nouvelle d'Hemingway et d'en faire ce qu'on veut... Ce ne serait pas pour effacer les deux versions précédentes... Ce serait plutôt comme jouer un thème de jazz, improviser, the killers... Que chaque époque ait sa version...vendredi 31 décembre 2010
J'étais tellement content, il y a quelques semaines, on ressortait à bout portant, dans mon cinéma, the killers, de Don Siegel, j'allais enfin le voir sur grand écran. Quelle déception quand j'ai compris qu'il ne s'agissait là que d'un petit thriller français, dont paraît-il on avait beaucoup parlé à la télé, mais je ne regarde pas beaucoup la télé. Je suis quand même allé le voir, comme ça, par curiosité, savait-on jamais : sans commentaire. Ils auraient pu choisir un autre titre que la traduction du the killers de Don Siegel. En même temps, j'avais trouvé ça bizarre, qu'ils ressortent à bout portant, dans mon cinéma, ce n'était pas trop le genre de la maison, mais comme je suis foncièrement optimiste je m'étais dit qu'ils faisaient des essais, maintenant qu'on passait de la vo et qu'on participait au festival Lumière et puis Don Siegel était au programme d'il y a deux ans, alors... en fin d'année, un petit classique, sur grand écran, quelle bonne idée, quel chouette cadeau, et puis ça a de la gueule, quand même, the killers... Je suis bien naïf, parfois... Du coup, pour me consoler, je l'ai revu chez moi, sur petit écran... Je préfère toujours la version de Siodmak, pour sa grande beauté formelle, mais j'aime beaucoup aussi celle-ci, plus nihiliste, carrément plus violente, on ne craint pas de brutaliser les aveugles et de tabasser les femmes, qui laisse une plus grande place aux tueurs, car ce sont eux qui mènent l'enquête... C'est dommage que d'autres cinéastes n'aient pas eu envie de refaire the killers... (Il y a bien eu le petit film d'étude de Tarkovsky, mais c'est tout juste une curiosité, un court-métrage un peu mal fagoté d'un génie qui ne s'était pas encore trouvé...) Les variations pourraient être infinies... Peut-être que Tarantino y a un peu pensé en brossant les personnages des deux tueurs de Pulp fiction... Michael Mann, par exemple, il pourrait nous en faire une autre version, de the killers... Il suffit de prendre la très courte nouvelle d'Hemingway et d'en faire ce qu'on veut... Ce ne serait pas pour effacer les deux versions précédentes... Ce serait plutôt comme jouer un thème de jazz, improviser, the killers... Que chaque époque ait sa version...jeudi 30 décembre 2010
Mis à part quelques films, je n'aime pas tellement Nicholas Ray. C'est un peu comme James Dean, on en a fait une icône. Le cinéaste rebelle, ça va bien quand on a 17 ans... Nicholas Ray, un nom de code, juste le prononcer est censé nous transporter dans les contrées sauvages du cinéma américain... Mais je trouve ses films parfois tellement... quelconques, parfois même mous, sans style, parfois même carrément fades, le brigand bien aimé par exemple. Rebel without cause est tellement surestimé... Même si j'aime beaucoup son premier film, plein de grâce, les amants de la nuit (they live by night), ainsi que la maison dans l'ombre (on dangerous ground)... Johnny Guitar évidemment... Le violent (in a lonely place), j'aime bien aussi... C'est qu'il y a Bogart... Et puis aussi Gloria Grahame... Mais je suis sûr que ç'aurait été beaucoup mieux, avec les mêmes acteurs, le même scénario, tourné par un autre, un Raoul Walsh par exemple, vous imaginez? ou un Robert Siodmak, un Jules Dassin... Même un Lewis Milestone j'aurais préféré, ou un Joseph H. Lewis... Et qu'en aurait fait Mankiewicz?... Voilà, on lui a donné un scénario pas trop mal, au Nicholas, des acteurs habités et il nous a cuisiné ce bon petit film, sans plus, service minimum... On vous donne des bons produits, même si vous n'êtes pas grand cuisinier, vous réussirez toujours à faire quelque chose de mangeable... Fallait le donner à Otto Preminger, ce film... Ou à Samuel Fuller... Et Hitchcock?... Il aurait été tenté de faire une variation de Soupçons... Bernard Herrmann à la baguette, même si, en 1950, ils ne travaillaient pas encore ensemble... Vachement plus captivant ç'aurait été, dans tous les cas...mercredi 29 décembre 2010
La nuit dernière, une petite chienne sophistiquée, c'était je crois une chihuahua, m'a fait des avances que j'ai bêtement repoussées. Elle était très gracieuse, de grands yeux vicieux et songeurs, un élégant nœud jaune sur la tête. Mourant de regret, brûlant de désir, je suis parti à sa recherche, échouant finalement dans une petite épicerie, où la caissière, sans charme, obèse mais bigrement sensuelle, s'est penchée vers moi par dessus le comptoir, s'est mise à me dévorer la bouche tout en me branlant lentement.
