samedi 31 janvier 2009

J'ai toujours trouvé étrange que le Samouraï, de Jean-Pierre Melville, et la marque du tueur, de Seijun Suzuki, soient sortis la même année, en 1967. (L'année de la mort de John Coltrane, entre parenthèses, une année bien sombre, donc, même si ça n'a aucun rapport, j'avais un an et ne le connaissais pas encore... Ça me fait penser qu'il y a quelques jours, j'ai parlé d'une photo qui a été prise en 67 et tout cela me semble de plus en plus étrange...) Quand j'ai vu le deuxième, j'ai pensé aussitôt que c'était un hommage au premier, même si les styles étaient très différents. Il y avait le motif de l'oiseau, dans les deux films, des petites choses comme ça... Une sorte de parenté... Deux grands stylistes... Une histoire de tueurs solitaires... Il y avait une évidence, pour moi, que Seijun Suzuki était un admirateur de Melville et avait cité le Samouraï, pas le contraire car les films de Suzuki n'étaient à l'époque sans doute pas distribués en France, alors qu'Alain Delon était une énorme star au Japon. J'ai donc été grandement étonné d'apprendre que les deux films étaient sortis simultanémént et y ai vu un bel exemple de synchronicité jungienne (deux évènements qui ne présentent pas de rapports de causalité, mais dont l'association prend un sens pour la personne qui les perçoit), comme si les deux cinéastes avaient été traversés, ou visités, au même moment, par la même "idée". Un petit oiseau dans une cage, en France, se retrouve pendu à un rétroviseur, au Japon.

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