jeudi 2 mai 2013

Ça file. Ça m'encarbouille, ça me filandre, ça m'esquinquille, midranscopiquement. Car le soir olivâtre m'emparpille, horizontalement, je me sens faible, je me sens loin, je me sens ça, entièrement, bien que surtout tribord, latéralement, filant, dos à la Voie, déruminant. Déruminant. Une vie à ruminer. Mâcheur de feuilles, d'herbes, principalement. Autrefois ruminant, désormais déruminant. Ffffff... Il y a comme un trou, une fuite, ça s'en va, ça se dégonfle, je ne serai bientôt plus qu'un sac vide, je ne serai plus. Apaisement. Une peau. Une vieille peau flétrie et sèche sur le bord du chemin, vide, sans nerfs. Ma mue. Piétinée, flairée par les bêtes, remuée, emportée par le vent. Le trou, où? Par tous mes pores, par tous mes trous petits et grands. Je m'exhale. C'est ça. Ffffff.... Dans le tacatac... tacatac... je me vide... Et quand s'arrêtera-t-il, le tacatac... tacatac?... Bientôt. Là-bas. Parce que là-bas, c'est bientôt. Le Temps, l'Espace, variables interchangeables, même camelote ruminagène dans l'Équation : Mâchons... mâchons... Je dérumine, dégorge mon fil, mes fils par tous mes trous petits et grands, débobine ma piteuse bobine. Une peau, bientôt, là-bas, rien d'autre. Je suce un bonbon aux plantes. Fataliste. Je préfèrerais fumer. Mais on n'a plus le droit. Alors je suce un bonbon aux plantes. Mon Empire pour une goulée de fumée. Je dépense. (Dépenseur, plutôt que dépensier.) Mais le sens me rattrape, me colle bien vite à la semelle, je me fais toujours avoir, le chemin en est miné il faut dire, au bord de l'eau, avec tous ces malpropres qui sont venus, viennent et viendront s'accroupir, je me dis bien à chaque fois qu'il faudrait éviter mais je marche toujours dedans plein godillot. Quand c'était tellement bien parti, que je me voyais déjà me perdre, m'exhaler entièrement. Quel dommage...

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